Tour, Agia Paraskevi d’Edipsos – / Αγίας Παρασκευής Αιδηψού
La tour se situe à 1-2 kilomètres d’Edipsos, au fond d’une vallée, entre trois collines, le long d’un axe qui va du nord-est au sud-ouest [1]. Le site est aujourd’hui au croisement de plusieurs routes. Peut-être cela rappelle-t-il la fonction du site, servant probablement à surveiller les activités agricoles qui se déployaient au fond de cette vallée.
Les vestiges de la tour mesurent 6,6 mètres sur 7, avec des murs d’1 mètre d’épaisseur. La moitié de son mur sud s’est effondré. Des traces d’une maçonnerie légèrement différente sont visibles sur le versant sud-est, juste au-dessus du niveau du sol. Il n’est cependant pas possible de déterminer s’il s’agit des pierres de fondation ou bien des restes d’une construction antérieure.

Tour d'Edipsos, coin nord-ouest © Blackler 2020
L'accès à la tour devait se faire par une porte située au moins au niveau du premier étage, au-dessus des élévations conservées aujourd'hui. La maçonnerie est grossière, disposée en assises approximatives et comblée par un blocage de moellons, de mortier de chaux et d'éclats de tuiles. Les parements intérieurs sont très réguliers et ne présentent aucun indice de construction en voûte. En revanche, des trous de boulins soigneusement aménagés et renforcés ont été ménagés à intervalles réguliers dans les murs, probablement pour recevoir des solives de plancher ou soutenir une échelle. Il existait peut-être une cloison qui séparait l’intérieur de la tour et où se rejoignaient les poutres.
Si le site est caché par les collines depuis la mer au sud-ouest, il dispose en revanche d’une vue directe à l’ouest sur l’autre côté de la baie d’Edipsos où se trouve le village de Gialtra, à 7,5 kilomètres à vol d’oiseau. Les environs de ce village abritent les restes de fortifications de l’époque classique sur une acropole et accueillait peut-être un site fortifié médiéval aujourd’hui disparu, dont l’endroit tire encore son second toponyme de « Castelli ».
De même, la tour dispose d’une vue au nord, en direction du village d’Agios qui accueillait peut-être lui aussi une tour médiévale, d’après les indications des cartes d’État-major de la Grèce de 1907. Il est donc possible qu’Agia Paraskevi d’Edipsos ait fonctionné comme un maillon d’une chaîne de tour de garde, s’étendant du Cap Lichada jusqu’aux côtes égéennes.
L’attribution de cette fortification reste inconnue. Elle se trouve à côté d’une église connue sous le nom d’Agia Paraskevi Frangkoula, ce qui pourrait la relier à la présence franque. Koder et Hild ont toutefois discuté de la possibilité d’une construction d’époque ottomane.
[1] Blackler 2020, vol. 2, p. 5-6, 10-11, 19-20.
Blackler, Andrew. The Medieval Landscape of Euboea (Negreponte): A Framework for Interpreting the Byzantine and Frankish Towers of Greece. 2 vols. Thesis submitted for the degree of doctor of philosophy . Birmingham. University of Birmingham, 2020.
Koder, Johannes. Negroponte: Untersuchungen zur Topographie und Siedlungsgeschichte der Insel Euboia während der Zeit der Venezianerherrschaft. Wien : Österreichische Akademie der Wissenschaften, 1973, 191 pp.
Find the document : https://www.sudoc.fr/009677887...
Koder, Johannes et Hild, Friedrich. Hellas und Thessalia. Vienne, 1976.
Read online : https://dn721304.ca.archive.org/0/items/...