Château, Oraioi / Ωρεοί
La forteresse se trouve sur une basse colline, s’élevant à 30 mètres d’altitude et située à 1 kilomètre de la mer [1]. Elle mesure approximativement 160 x 160 mètres, soit un espace d’environ deux hectares. Les restes des constructions ont été réemployés par les habitants pour construire leurs propres maisons. Le site revêt aujourd’hui l’allure d’une enceinte en ruines épousant le tracé de la colline, à l’intérieur de laquelle il ne reste que peu de matériaux observables. Au niveau du rempart sud, on observe des ajouts byzantins ou francs au-dessus de pierres de taille appartenant à une fortification d’époque classique.

Mur sud d'Oraioi, © Blackler 2020
Nos principales informations nous viennent du témoignage d’Alexandre Buchon qui visita les lieux le 20 mai 1841, à une époque où le site était dans un état de conservation moins délabré [2]. L’auteur note la présence de « murailles helléniques », « à larges pierres », qui composent l’enceinte. Surtout, il indique la présence de quatre « tours carrées des Francs » en ruines « qui flanquaient ces murs ». L’une de ces tours disposait encore d’un mur entier, surmonté de créneaux brisés. Alexandre Buchon note également la présence dans l’enceinte d’une église ruinée, couverte d’herbes.
Le site d’Oréos apparaît dans la Partitio Romaniae de 1204 et fut un lieu central lors de la période latine [3]. Il échut rapidement à la famille vénitienne des dalle Carceri qui en firent l’un des principaux points d’appui de leur domination sur l’île d’Eubée-Négrepont [4]. En 1258, le prince d'Achaïe Guillaume II de Villehardouin aurait réussi à s'emparer des lieux [5]. Par la suite, dans les années 1270, un homme du nom de Licarios prit possession de la place au nom de Byzance et s’en servit comme point de départ pour envahir l’île, avant d’être vaincu [6].
[1] Blackler 2020, vol. 2, p. 11-13.
[2] Buchon 1911, p. 35-39.
[3] Carile 1965, p. 219, 257.
[4] Tafel, Thomas 1856, p. 89-93.
[5] Koder, Hild 1976, p. 228.
[6] Blackler 2020, vol. 1, p. 56-57 ; Ιστορία της Ρωμανίας, 131 ; Lock 1995, p. 319.
Blackler, Andrew. The Medieval Landscape of Euboea (Negreponte): A Framework for Interpreting the Byzantine and Frankish Towers of Greece. 2 vols. Thesis submitted for the degree of doctor of philosophy . Birmingham. University of Birmingham, 2020.
Buchon, Jean Alexandre C. Longnon, Jean (éd.). Voyage dans l'Eubée, les Iles Ioniennes et les Cyclades en 1841. Paris : Émile-Paul, 1911, lxiii + 293 pp.
Read online : https://archive.org/details/gri_voyageda...
Carile, Antonio. « Partitio Terrarum Imperii Romanie », Studi Veneziani, 1965, n° 7, pp. 125-306.
Find the document : https://www.sudoc.fr/262762935...
Koder, Johannes et Hild, Friedrich. Hellas und Thessalia. Vienne, 1976.
Read online : https://dn721304.ca.archive.org/0/items/...
Lock, Peter. The Franks in the Aegean, 1204-1500. London-New York : Longman, 1995, 400 pp.
Find the document : https://www.sudoc.fr/004625439...
Tafel, Gottlieb Lukas Friedrich et Thomas, Georg Martin. Urkunden zur älteren Handels- und Staatsgeschichte der Republik Venedig mit besonderere beziehung auf Byzanz und die Levante. 2. Wien : aus der kaiserlich-koniglichen hofund Staatsdr, 1856, 496 pp.
Read online : https://archive.org/details/bub_gb_AwMVA...
Find the document : https://www.sudoc.fr/098189980...
Παπαδοπούλου, Ευτυχία Ε. (éd.). Ιστορία της Ρωμανίας / Istoria di Romania. Athènes : Εθνικό Ιδρυμα Ερευνών, Ινστιτούτο Βυζαντινών Ερευνών, 2000, xxvi + 337 pp.
Find the document : https://www.sudoc.fr/126194394...
Note : Edition du texte italien avec traduction grecque en regard.