Église Saint-Georges / του Αγίου Γεωργίου, Karditsa (Akraiphnio / Ακραίφνιο)
Située au cœur de la commune moderne d’Akraiphnio en Béotie – correspondant à l’antique Akraiphia et au fief médiéval de Karditsa –, l’église Saint-Georges est un édifice en croix inscrite à quatre colonnes surmonté d’une coupole. Dans une phase ultérieure à sa construction, un narthex puis un exonarthex ont été ajoutés à l’ouest. Célèbre pour les spolia antiques animant ses façades, le monument conserve une inscription dédicatoire en grec, peinte au sommet de l’arcosolium aménagé dans le mur sud du naos[1]. Cette dernière indique que l’édifice fut embelli en 1311 par le seigneur local, le chevalier Antoine le Flamenc, seigneur de Karditsa et grand baron de Morée (1303-1311), survivant de la bataille d’Halmyros opposant les Francs aux Catalans cette année-là. L’inscription précise qu’Antoine le Flamenc confia cette entreprise à Germanos, hiéromoine et kathigoumène, et Nikodimos, hiéromoine. Pour mettre en valeur l’espace destiné à accueillir la sépulture du chevalier, les deux clercs grecs firent appel à un peintre local au courant des modèles iconographiques paléologues en vigueur à Constantinople[2].
En 1988, des travaux de consolidation du mur de soutènement au Nord de l’église ont mis au jour des artefacts tardo-antiques et des objets byzantins, dont une monnaie de l’empereur Romain IV Diogène (1068-1071) et des céramiques datant de la fin du XIIe au début du XIIIe siècle[3]. Un programme de restauration, mené par l’éphorie des Antiquités d’Eubée et achevé en 2014, a confirmé l’ancienneté du monument[4].
La commande pieuse d’Antoine le Flamenc révèle que les chevaliers du duché d’Athènes, à l’instar d’autres Francs installés en Orient, ont sollicité des peintres locaux pour embellir des sanctuaires vénérables de rite orthodoxe, participant ainsi au maintien et à la vitalité de la culture byzantine dans les territoires qu’ils dirigeaient.
[1] Sur l'inscription, voir Buchon 1845, p. 409, n. 1 ; Miller 1909 ; Miller 1926 ; Koder, Hild 1976, p. 182 ; Kostarelli 2019 ; Castiñeiras 2020, pp. 17-24 ; Κωσταρέλλη 2020.
[2] Sur les peintures murales, voir Kalopissi-Verti 2007, pp. 12-13 ; Kalopissi-Verti 2015, pp. 374-376 ; Castiñeiras 2020, pp. 17-24.
Buchon, Jean-Alexandre. Recherches historiques sur la principauté française de Morée et ses hautes baronnies : Le livre de la conqueste de la princée de la Morée, publié pour la première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque des ducs de Bourgogne à Bruxelles, avec notes et éclaircissements. Paris, 1845.
Voir en ligne : https://books.google.fr/books?id=C2UMAAA...
Castiñeiras, Manuel. « Crossing Cultural Boundaries: Saint George in the Eastern Mediterranean under the Latinokratia (13th-14th Centuries) and His Mythification in the Crown of Aragon », Arts, 2020, vol. 9, n° 3, pp. 1-56.
Voir en ligne : https://doi.org/10.3390/arts9030095...
Kalopissi-Verti, Sophia. « Monumental Art in the Lordship of Athens and Thebes under Frankish and Catalan Rule (1212-1388): Latin and Greek Patronage », dans : Tsougarakis, Nickiphoros I. et Lock, Peter (éd.), A Companion to Latin Greece, Leyde, Boston (Mass.) : Brill, 2015, pp. 369-418.
Kalopissi-Verti, Sophia. « Relations between East and West in the Lordship of Athens and Thebes after 1204: Archaeological and Artistic Evidence », dans : Edbury, Peter William et Kalopissi-Verti, Sophia (éd.), Archaeology and the Crusades: Proceedings of the Round Table, Nicosia (1st February 2005), Athènes : Fondation Piéridès, 2007, pp. 1–33.
Koder, Johannes et Hild, Friedrich. Hellas und Thessalia. Vienne, 1976.
Voir en ligne : https://dn721304.ca.archive.org/0/items/...
Kostarelli, Alexandra. « The Dedicatory Inscription of Saint George Church at Akraifnion, Boeotia (1311) », Museikon. A Journal of Religious Art and Culture/Revue d’art et de culture religieuse, 2019, vol. 3, pp. 9-24.
Voir en ligne : https://www.ceeol.com/search/article-det...
Miller, William. « The Frankish Inscription at Karditza », The Journal of the Hellenic Studies, 1909, vol. 29, pp. 198-201.
Voir en ligne : https://www.google.com/url?sa=t&source=w...
Miller, William. « Ἡ φραγκική επιγραφή της εν Βοιωτία Καρδίτσης », Νέος Ελληνομνήμων, 1926, vol. 20, pp. 377–380.
Κωσταρέλλη, Αλεξάνδρα. « H επιγραφή του ναού του Αγίου Γεωργίου Ακραιφνίου Βοιωτίας (1311). Παρατηρήσεις μετά την ολοκλήρωση των εργασιών αποκατάστασης », dans : Μαζαράκης Αινιάν, Αλέξανδρος (éd.), Αρχαιολογικό έργο Θεσσαλίας και Στερεάς Ελλάδας, Πρακτικά επιστημονικής συνάντησης, Βόλος 26.2-1.3.2015, Τόμος ΙΙ: Στερεά Ελλάδα, Βόλος, 2020, pp. 1077–1088.
Voir en ligne : https://ir.lib.uth.gr/xmlui/handle/11615...